lundi 13 août 2018

Jonathan chez l'imprimeur


Mais que fait Jonathan chez l'imprimeur ? Non, il ne drague pas l'imprimeur. Il surveille l'impression de la nouvelle édition des Folles Nuits de Jonathan. Livraison prévue le 21 août !

Et avec un peu de chance il sera en vente au 2e Salon du Livre Gay de Paris, le 25 août.

mercredi 8 août 2018

Le Retour de Jonathan

C'était y a très, très, très longtemps, comme disait Claude Piéplu dans les Shadoks. En ce temps-là, qui remonte au siècle dernier, j'avais écrit, dessiné et publié un roman graphique intitulé Les Folles Nuits de Jonathan. De quoi s'agissait-il ? De l'éducation sentimentale - et pas seulement sentimentale - d'un jeune gay de 19 ans lors d'un été parisien au début des années 1990. Prépubliée dans mon fanzine Bulles Gaies, cette BD de longue haleine (230 pages, je n'ai jamais fait mieux) était sortie en 1997 à un tirage faramineux de 1000 exemplaires. Une dizaine d'année plus tard, Les Folles Nuits de Jonathan était épuisé et j'envisageais vaguement de le rééditer. Mais à l'époque, l'impression coûtait encore bien cher. Depuis, les progrès de l'impression numérique ont rendu possible cette réédition. Je suis en train de travailler sur une nouvelle couverture et sur une postface expliquant entre autres certains éléments du contexte que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

mercredi 11 octobre 2017

Mon quotidien très occupé

Pfouh ! C'est pas pour dire, mais les semaines qui viennent vont être chaudes ! Deux déplacements prévus en festival. Le premier le week-end prochain 14 et 15 octobre, où j'irai vendre plein de Revue LGBT BD (enfin, j'espère !) à la Y/Con 6.



Et à peine aurai-je eu le temps de récupérer que ce sera le cap sur le 4e Salon BD&Images LGBT Paris dont je suis le principal organisateur... en plus d'y avoir un stand pour La Revue LGBT BD, bien sûr !

lundi 18 septembre 2017

Vieillir gay en BD, est-ce forcément triste ?

Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment chez les auteurs de BD gays de plus de 50 ans, mais l'angoisse du vieillissement semble se manifester très fort. En juillet dernier, Ralf König a sorti outre-Rhin son nouveau roman graphique de Conrad et Paul, Herbst in der Hose, dans lequel Paul affronte la peur de vieillir comme lui seul sait le faire - c'est-à-dire en paniquant un maximum. Et voilà que Pochep, seul auteur gay publié régulièrement dans le mensuel Fluide Glacial, publie aux éditions du même nom Vieille Peau, où il est aussi question de la manière dont on peut continuer à plaire quand on vieillit.





Je dois dire, en toute franchise, que cette coïncidence me met profondément mal à l'aise. Dans le monde de la bande dessinée, les représentations des gays ne sont pas légion, même si de notables progrès ont été accomplis ces dernières années, mais celles des gays âgés sont carrément… euh… comment dire ça ? Quasi inexistantes. Oui, on va dire ça comme ça. parce que le seul exemple qui me vient en tête, c'est Au Coin d'une ride, le bel album de Thibaut Lambert aux éditions Des Ronds dans l'O.


Et voilà que pour une fois que l'on parle en BD de gays mûrs, voire âgés, l'image qui en est donnée est incroyablement négative. Alors, les auteurs ont parfaitement le droit d'aborder les thèmes qui leur tiennent à cœur et aborder celui-là ne serait pas un problème s'il y avait en contrepartie des représentations positives. Mais comme je viens de l'écrire, il n'y en a presque pas. Pourtant, la BD franco-belge est capable de montrer des vieux bien dans leur peau et pleins d'énergie (y compris pour la gaudriole). En témoignent Les Petits Ruisseaux de Pascal Rabaté et Les Vieux Fourneaux de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, des histoires qui ont dépassé le cadre des albums puisque la première série a été adaptée au cinéma et que la seconde le sera aussi bientôt.
Eh quoi, pour qu'un personnage de BD de plus de 50 ans soit montré comme bien dans sa peau, il faut qu'il soit hétérosexuel ? Bien sûr, on pourra me dire : "Tu n'as qu'à en faire, toi, le genre de BD que tu voudrais voir." Et c'est bien ce que je fais en ce moment, pour le prochain numéro de La Revue LGBT BD : une BD racontant la rencontre de deux hommes d'âge mûr. Mais en même temps, j'ai bien conscience du peu d'impact que cette BD aura en regard de l'impact profondément négatif qu'auront celles de König et Pochep, autrement plus diffusées et lues. 
D'où, sans doute, le malaise dont je parlais plus haut.

mardi 30 mai 2017

Un week-end chaleureux


Je devrais dire "étouffant", d'ailleurs. Mais en fait, on était quand même mieux à La Capela (22 rue Philippe de Girard, 75010) dans le cadre du festival de BD indépendante "Léonie & Friends" que dehors, par un sacré cagnard.
Je tenais, bien sûr, le stand LGBT BD où je vendais La Revue LGBT BD et quelques-unes de mes productions personnelles comme Bulles Gaies et même Improbablement.






dimanche 24 juillet 2016

Pourquoi je n'aime pas (et je n'aimerai probablement jamais) les Inhumains

Je sais que tous les êtres humains au cerveau normalement constitué s'en fichent complètement, mais personnellement l'ascendant pris par les Inhumains dans l'univers Marvel ces dernières années ne lasse pas de m'énerver. En effet, que sont les Inhumains au départ ? Une "race cachée" d'êtres à super-pouvoirs, disposant d'une technologie avancée et qui, malgré cela, pratiquent encore l'esclavage (1) et vivent sous le régime d'une monarchie de droit divin. 
Je sais bien que l'univers des super-héros tels que mis en place par Jack Kirby et Stan Lee pour les éditions Marvel n'est pas riche en démocraties. Et on peut vaguement comprendre que les royaumes mythologiques d'Asgard et de l'Olympe, la Latvérie du Doctor Doom et le Wakanda de Black Panther n'en soient pas, puisqu'étant d'essence mythique (évidente pour les deux premiers, un peu moins pour les deux derniers qui sont respectivement une principauté européenne d'Ancien Régime et une super-tribu d'Afrique telles que fantasmées par l'Amérique). 
Mais les Inhumains ? Kirby a clairement établi que cette super-race a été, dans un très lointain passé, génétiquement modifiée par les extraterrestres Kree. C'est donc un groupe de surhommes issus de la science, et non du mythe, mais tout dans la forme donnée à cette population relève aussi du conte de fées : le bon prince héritier (Black Bolt) évincé par son méchant frère (Maximus le fou), la famille royale constituée des seuls personnages qui comptent dans cette société (les autres se contentant d'y faire de la figuration même pas intelligente), etc. C'est sans doute une des nombreuses raisons pour lesquelles les Inhumains n'ont jamais vraiment décollé dans l'univers Marvel.

Pour dire la vérité, Black Bolt, ce héros tragique qui
ne peut pas ouvrir la bouche sans provoquer une
catastrophe, m'a toujours profondément emm…dé.


Jusqu'à ce que les brumes terrigènes se répandent dans tout le dit Univers Marvel et ne réveillent les gènes inhumains de tas de gens qui se croyaient jusque là tout bêtement humains.
O.K., je veux bien. Ça fournit une nouvelle manière de donner des super-pouvoirs à monsieur ou madame tout-le-monde et ça peut même donner de nouvelles séries intéressantes, comme Ms Marvel.
Mais pourquoi tous ces "nouveaux" Inhumains voudraient-ils avoir quoi que ce soit à voir avec Black Bolt et sa famille royale ? Imaginez qu'un type venu d'une île de Polynésie vienne vous dire que vous avez de lointains ancêtres communs et que de ce fait, comme il est le roitelet de son îlot perdu, vous lui devez allégeance… Vous ne trouveriez pas ça un peu prétentieux ? Vous n'auriez pas envie de lui dire : "Eh, mais qui t'es, toi ? T'es le roi ? J'ai pas voté pour toi, moi !"
Le pire, c'est que dans l'Univers Marvel actuel, les Inhumains sont opposés aux mutants, car il s'avère que les brumes terrigènes sont mortelles pour ces derniers. Or, les mutants de l'Univers Marvel, quoi qu'on dise, ça a toujours davantage représenté une joyeuse anarchie qu'un système politique d'Ancien Régime. C'est un monde de factions, de groupes qui se constituent par affinités ou par communauté d'intérêts. Bref, c'est autrement plus sympa que ces Inhumains qui se la pètent.

Quand on sort de la logique interne à la narration et que l'on passe dans notre monde à nous, on se dit que ce qui a poussé Marvel (la maison d'édition) à mettre en avant les Inhumains, ce sont rien moins que des considérations commerciales, puisque les droits cinématographiques des X-Men et autres mutants étaient vendus à la Fox. Donc, on n'a plus de super-race à mettre dans des films ? Mais si, on en a une ! Et que l'on retoque les Inhumains pour les faire ressembler encore plus aux mutants (n'importe qui pouvant désormais "en être") !
La mutation dans l'Univers Marvel arrivait (comme dans la vie) de façon fortuite. L'inhumanité est le résultat de gènes que l'on porte en soi et qui vous ont été transmis par vos très lointains ancêtres. Le mutant naît différent de ses parents. L'inhumain a hérité de ses parents un potentiel qui pourrait aussi bien être une maladie génétique qu'une couleur de peau ou de cheveux. Le mutant est l'aube d'une nouvelle espèce humaine, l'Homo Superior. L'Inhumain est la remontée à la surface d'un truc très ancien, mis en place par une race extra-terrestre.
Je ne voudrais pas dire, mais cette opposition entre deux races imaginaires évoque l'opposition bien réelle entre les tenants de l'évolution comme processus naturel et ceux qui, ne voulant pas éliminer un machin divin de l'équation, postulent une évolution "intelligente" ou "dirigée". Idéologiquement, ça ne sent pas très bon.

1. Ou viennent à peine de l'abolir. L'émancipation des primitifs-Alpha devant dater de 1973, en "temps Marvel", c'est comme si elle avait eu lieu il y a cinq ans.