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jeudi 28 mars 2013

Des super-héros partout !

Petit séjour à Londres sans raison précise autre qu'une visite de Ben chez son médecin. J'en ai évidemment profité pour aller acheter des comics, chose que je n'ai plus trop l'énergie de faire à Paris où la seule librairie d'import correcte, Arkham, se trouve dans un quartier pas vraiment facile d'accès. Et puis, je dois l'avouer, acheter des comic books (essentiellement mainstream) à Paris, ce n'est plus vraiment ça, si tant est que ça l'ait jamais été. 
Par contre, en Angleterre, l'activité conserve un certain charme, probablement dû autant à la nostalgie qu'à la qualité des comics contemporains. Et même plus, finalement. Parce que le gros problème, aujourd'hui, pour l'amateur qui, comme moi, ne suit la production que de loin en loin, consiste à s'y retrouver dans la surabondance de la dite production. Hier, je suis allé au Book Exchange de Notting Hill et à la librairie Orbital, près de la station de métro Leicester Square. Dans le second, je me suis mis à jour de parutions récentes et dans les deux, j'ai acheté de l'occasion. 
Le neuf ne pose pas de gros problèmes : je dois presque me forcer, à l'heure actuelle, pour suivre une série. En ce moment, cela se résume à Dial H et Earth 2, deux titres DC que je suis par affection pour le concept de base et curiosité de voir ce qu'en font respectivement les scénaristes China Mieville et James Robinson, et FF, sorte de spin-off de Fantastic Four dessiné par Mike Allred (ce qui ne gâte rien) et mettant en scène au moins deux personnages pour lesquels j'ai de l'affection, Medusa et, surtout, Ant-Man (je crois que finalement, when all is said and done, mon super-héros préféré, c'est l'Homme-Fourmi - dire qu'il m'a fallu tout ce temps pour m'en rendre compte). À quoi je vais devoir ajouter X-Treme X-Men, énième déclinaison des X-Men autour d'un groupe qui va de monde parallèle en monde parallèle et compte parmi ses membres Dazzler (personnage souvent sous-exploité, à mon goût) et le couple formé par James Howlett, le Wolverine d'une autre Terre, avec le Hercules de son monde.
Le vrai dilemme se pose pour l'occasion. Les deux dernières décennies ont vu une telle pléthore de parutions que le choix s'avère difficile. Dans les années 1970, durant ma folle adolescence, la production de comic books était nettement moins importante en nombre de titres publiés et les titres lisibles étaient essentiellement le fait de Marvel et DC (les autres compagnies de type Archie, Charlton, Harvey et autres Whitman ne présentaient qu'un intérêt très limité et étaient de toute façon très difficiles à dénicher en Europe). Et encore les deux éditeurs ne publiaient-ils pas tant de titres que ça. Pour ne prendre que l'exemple des groupes de super-héros (sous-ensemble pour lequel j'avoue un fort faible), lorsque j'ai commencé à acheter des comic books en version originale, en 1972, Marvel n'en publiait que trois - The Avengers, The Defenders et The Fantastic Four - et DC deux - Justice League of America et Superboy and the Legion of Super Heroes. Dans le courant de la décennie, sont venus s'y ajouter chez Marvel Uncanny X-Men et des titres moins durables comme The Invaders (41 numéros), The Champions (17 numéros) et les Guardians of the Galaxy dans Marvel Presents (moins de dix numéros, et chez DC des relances de Teen Titans, Metal Men et New Gods ainsi que des titres originaux comme Freedom Fighters et Secret Society of Super Villains (rien ne dépassant les quinze numéros). Même dans les années 1980, il était encore possible de suivre, par exemple, tous les titres X-Men et dérivés, puisque, outre X-Men, ne paraissaient que New Mutants et X-Factor (plus le titre solo de Wolverine).
Mais aujourd'hui… Eh bien, aujourd'hui, quand on s'aventure dans les bacs de comics d'occasion, on est noyé sous les titres. Rien qu'en X-Men et Avengers, chaque franchise a connu ou connaît encore une demi-douzaine de déclinaisons, sans compter les séries limitées et autres crossovers. Car évidemment, la production surabondante des années 1990 et 2000 s'accumule dans ces bacs d'ancien où une Catwoman ne retrouverait pas ses petits. Lorsque je me suis aperçu que j'étais un peu perdu au milieu de tout ça, j'ai mis cette impression sur le compte de ma perte d'intérêt pour le mainstream. À présent, je me rends compte que n'importe quel lecteur doit avoir du mal à faire un choix, même dans la production courante. Quand DC lance 52 titres mensuels, qui peut espérer suivre, à moins de disposer de ressources financières conséquentes ?

samedi 6 octobre 2012

Dial J for JEAN-PAUL

L'autre jour, je suis passé dans une boutique de comics où je ne vais jamais, alors qu'elle est vraiment proche de chez moi. Beaucoup de versions françaises en stock, mais quand même quelques imports américains, et je décide de donner une deuxième chance à Dial H, un comic book de la gamme "New 52" de chez DC. J'en avais acheté le numéro 1 à Londres et ça ne m'avait pas enthousiasmé plus que ça. 
Là, j'ai pris les numéros 2 et 3. Ce n'est pas encore merveilleux, mais je vais peut-être quand même continuer, ne serait-ce que pour voir où l'auteur du scénario, China Miéville, veut en venir. Miéville est britannique et apparemment un écrivain assez connu, qui plus est pour avoir, semble-t-il, écrit des romans de SF qui se seraient vendus en dehors du cercle des amateurs de SF. Malheureusement, le dessin de Dial H est assuré par un certain Mateus Santolouco au trait assez fouillis, plutôt tarabiscoté, et pas franchement agréable à regarder. Cela dit, il fait de son mieux pour rendre compréhensible une histoire assez embrouillée, celle d'un type au bout du rouleau, ex-vedette sportive à qui la vie n'a pas fait de cadeau hormis un paquet de kilos en trop, qui découvre une cabine téléphonique à l'ancienne. Chaque fois qu'il compose les lettre "H.E.R.O." sur le cadran, il se retrouve transformé en un super-héros différent et franchement bizarre.
Dial H est une énième itération de la série des années 1960 "Dial H for HERO" qui paraissait dans House of Mystery. J'ai toujours eu un faible pour cette bande où le jeune Robby Reed trouvait un cadran qui le transformait en différents super-héros. C'est une des rares séries dont j'aie la collection complète (elle ne compte que dix-huit numéros). Par contre, si j'ai acheté la version des années 1980 quand elle paraissait dans Adventure Comics, je n'ai pas poursuivi lorsqu'elle est devenue la back-up de New Adventures of Superboy. Et j'ai carrément zappé la version de 2003, intitulée simplement H.E.R.O., dont mon ami François Peneaud m'a pourtant dit le plus grand bien.
Je vais donc essayer de rester assez longtemps sur ce nouveau Dial H pour voir s'il en vaut la peine, mais je me rends compte que c'est moins par intérêt pour l'équipe créatrice que par curiosité vis-à-vis d'un concept de série qui me tient à cœur. Le cadran qui vous transforme en super-héros différent à chaque fois, je trouve cela délicieusement crétin et farfelu à la fois. Bon, j'ai une excuse : j'ai dû lire ma première histoire de Robby Reed et son "H dial" lorsque j'avais onze ou douze ans. Nostalgie, quand tu nous tiens !

jeudi 18 août 2011

Cherche-t-on à nous faire prendre des DC pour des Green Lantern ?

Oui, je sais, il n'est pas tout jeune, ce jeu de mot. Quelqu'un (je ne sais plus qui) l'avait lancé dans Scarce, la revue sur la BD américaine dont je fus l'un des pères fondateurs à une époque que les moins de gngngn ans ne peuvent pas connaître. Depuis, chaque fois que le nom de Green Lantern est mentionné, je ne peux pas m'empêcher de repenser à ce jeux de mots laid qui agace les gens bêtes. Et en ce moment, il est fort question de Green Lantern, en raison de la sortie imminente d'un film à lui consacré.
En faisant mes courses ce matin, j'ai même vu le dit personnage décliné en livres pour enfants à la vitrine d'une librairie. Les images étaient essentiellement tirées du film, sauf une, un dessin au trait représentant Green Lantern version Hal Jordan dans un graphisme qui mélangeait les influences de Gil Kane, Neal Adams et Dick Giordano. J'y ai vu une certaine ironie, parce que le bellâtre musclé qui interprète le rôle dans le film ressemble plutôt à Kyle Rainer, le Green Lantern des années 1990. Kane, Adams et Giordano sont en revanche des graphistes des années 1960-1970 et leur influence s'est faite sentir sur le personnage jusque dans les années 1980. Bref, on était dans le post-modernisme total, et je me demande si la version dessinée et la version "photo de film" ne risquent pas de provoquer chez les enfants et les adolescents à qui les images que j'ai vues étaient destinées la réaction suivante : "Ben… C'est pas le même !"
En tout cas, je ne dois pas être encore complètement blasé, puisque la vue de ce personnage de Green Lantern, si confidentiel à l'époque où je l'ai découvert, désormais étalé partout, m'étonne encore. Et je ne peux m'empêcher de penser qu'une des raisons de cette confidentialité était la haine que portait la Commission de Surveillance des publications destinées à la jeunesse à l'encontre des super-héros. Quel dommage que la plupart des pisse-vinaigre moralisateurs qui ont empêché (entre autres) la diffusion en France de la bande dessinée Green Lantern pendant presque toutes les années 1960 ne puissent le voir aujourd'hui étaler partout son costume émeraude "modernisé" par Hollywood. Il y aurait au moins un bon côté à cette invasion de Green Lanterns sur nos panneaux publicitaires. Car je dois vous l'avouer : Green Lantern est un super-héros qui m'a toujours laissé profondément indifférent.