samedi 22 octobre 2011

Look! Up in the sky!

Dire qu'il y a une semaine, jour pour jour, il faisait ce beau ciel bleu. Mais n'allez pas croire que je me plaigne, non, non, non. J'aime bien l'hiver, ne serait-ce que parce qu'il est tellement agréable d'être au chaud dedans quand il fait froid dehors.

mercredi 19 octobre 2011

jeudi 29 septembre 2011

Ces occidentaux se ressemblent tous !

Ces jours derniers, je suis allé faire un petit séjour à Londres, et j'en ai rapporté, disons, quelques livres. Dans le lot, un exemplaire de Bat-Manga!, un gros livre trouvé chez un soldeur. Crédité à Chip Kidd, Geoff Spear et Saul Ferris, il s'agit d'un recueil de bandes de Batman réalisées par le dessinateur japonais Jirô Kuwata pour l'hebdomadaire Shônen King en 1966 et 1967. La série télévisée de Batman passait alors sur les écrans nippons et les responsables de la revue avaient demandé à Kuwata d'en réaliser une version en BD, sans doute jugée plus acceptable pour les lecteurs du cru que les comics d'origine.
Un aspect du Batman japonais qui frappe immédiatement le lecteur occidental, c'est que Kuwata ne fait pas le moindre effort pour faire ressembler ses versions de Bruce Wayne et Dick Grayson aux versions américaines, ou même aux acteurs jouant les rôles dans la série télévisée. Il se contente de reprendre les personnages de sa série précédente, 8-man, qu'il dessinait dans Shônen Magazine sur scénario de Kazumasa Hirai. Hachirô Azuma, l'alias d'8-man, sert de modèle à Bruce Wayne, Ichirô, le jeune assistant d'Hachirô, prête ses traits à Dick Grayson.
Quand on y réfléchit, cela n'a rien d'étonnant. Pour un dessinateur de BD, créer de toutes pièces un nouveau personnage et apprendre à le maîtriser graphiquement (afin qu'il soit toujours lui-même d'une case à l'autre) demande un certain temps. Le temps, les auteurs de BD populaire n'en ont guère, trop occupés qu'ils sont par la simple production de leurs planches. Logiquement, la BD populaire, qu'elle soit européenne, américaine ou asiatique, regorge de personnages identiques, souvent des "types" (le beau héros, la copine du héros, l'assistant du héros, le méchant…).
Dans cette optique, le fait qu'Osamu Tezuka considère ses personnages comme des acteurs à qui il fait endosser des rôles apparaît moins comme un hommage appuyé au cinéma et au dessin animé que comme une justification - certes habile - à son utilisation récurrente des mêmes figures, une pratique courante dans la bande dessinée.

Ci-dessus, Hachirô Azuma en train de distraire son jeune assistant Ichirô afin qu'il ne remarque pas qu'il s'est habilement éclipsé sous l'identité d'8-man.

Hachirô et Ichirô font des heures sup', non pas dans un bateau mais dans une Batmobile.

vendredi 19 août 2011

Où je baratine à propos du bara


En ce moment, j'écris un article sur le bara. Ou plutôt, en ce moment, je devrais être en train d'écrire un article sur le bara, qui est commencé mais que je ne finirai qu'après quelques traductions urgentes. Pour ceux qui l'ignorent (la majorité de la population mondiale, j'imagine) le bara est un genre de BD japonaise destiné au lectorat homosexuel. Non, je ne parle pas du yaoi, qui est destiné aux lectrices hétérosexuelles. Le bara, ce sont des BD qui paraissent dans les revues gays japonaises (ou, depuis les années 2000, dans des livres-revues spécifiques au genre). Les personnages ont des physiques très masculins, et les histoires parlent de relations entre hommes, très souvent en mettant en avant la composante sexuelle, mais pas uniquement. L'article que je prépare doit paraître dans la nouvelle édition mise à jour et augmentée du premier numéro de Mangas 10000 images.
Le seul auteur de bara dont les œuvres sont largement disponibles en français est Gengoroh Tagame que, personnellement, j'adore, mais dont je comprends parfaitement que l'on puisse trouver son univers quelque peu excessif (bon, là, je mets un lien vers son bouquin le plus gentil). Or, ne voilà-t-il pas qu'un éditeur italien tout nouveau, renbooks, entreprend de traduire un auteur de bara nettement plus "tout public", Kotaro Takemoto. "Baciando il cielo" signifie "embrasser le ciel", et dans l'original nippon, il y a un jeu de mot, car l'un des jeunes gens de l'histoire qui donne son titre au recueil s'appelle Sora, ce qui signifie "ciel" en japonais. Bref, tout cela pour dire que ceux qui veulent découvrir cet auteur sans avoir à apprendre le japonais peuvent désormais le faire (bon, d'accord, il faut connaître l'italien, mais reconnaissez que c'est autrement plus facile pour un Français), et ce d'autant plus facilement qu'il est disponible sur Amazon Italie.
Au fait, "bara" signifie "rose" en japonais. Ah, romantisme, quand tu nous tiens…