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vendredi 10 janvier 2025

Drôles de journées



Drôles de journées – Jean-Paul Jennequin

 

Dix histoires d’hommes.

 

Des hommes qui se rencontrent, qui se racontent, qui se dévoilent, qui s’énervent, qui s’alarment, qui se taquinent, qui se souviennent… et parfois, qui s’aiment (voire plus si affinités). 

 

Dix récits courts sur ces jours, comme il y en a parfois dans la vie, où il se passe quelque chose ou au contraire pas grand-chose, mais en tout cas, des jours que l’on n’oubliera pas.

 

Oui, vraiment, de drôles de journées.

 

112 pages, 12 euros


En vente au Mots à la Bouche.





















 

samedi 29 décembre 2018

Le retour d'"Une Visite"

Je viens enfin de mettre en ligne sur mon site Tumblr la 25e page de ma BD Une Visite, que j'ai honteusement négligée depuis au moins un an. Que voulez-vous ? On ne peut pas être présent sur tous les fronts en même temps. Avec mes BD dans La Revue LGBT BD, Egoscopic et le Cahier BD des Diversités, ça fait déjà pas mal.


vendredi 5 octobre 2018

5e Salon BD & Images LGBT Paris

Je serai au 5e Salon & Images LGBT Paris le samedi 3 novembre 2018 de 10h à 18h à la Mairie du 4e arrondissement, 2 place Baudoyer, 75004 Paris. J'y aurai bien sûr plein de Folles Nuits de Jonathan à dédicacer. Venez nombreux ! C'est déjà assez dur de se trimballer tous ces livres alors s'il faut en plus les ramener…





mardi 21 août 2018

Les Folles Nuits de Jonathan à nouveau disponible !


Il est tout beau, tout chaud, tout frais sorti de chez l'imprimeur ! Les Folles Nuits de Jonathan revient dans vos librairies après une (petite) dizaine d'années d'absence. Et pour le commander en ligne, c'est par ici.

lundi 13 août 2018

Jonathan chez l'imprimeur


Mais que fait Jonathan chez l'imprimeur ? Non, il ne drague pas l'imprimeur. Il surveille l'impression de la nouvelle édition des Folles Nuits de Jonathan. Livraison prévue le 21 août !

Et avec un peu de chance il sera en vente au 2e Salon du Livre Gay de Paris, le 25 août.

mercredi 8 août 2018

Le Retour de Jonathan

C'était y a très, très, très longtemps, comme disait Claude Piéplu dans les Shadoks. En ce temps-là, qui remonte au siècle dernier, j'avais écrit, dessiné et publié un roman graphique intitulé Les Folles Nuits de Jonathan. De quoi s'agissait-il ? De l'éducation sentimentale - et pas seulement sentimentale - d'un jeune gay de 19 ans lors d'un été parisien au début des années 1990. Prépubliée dans mon fanzine Bulles Gaies, cette BD de longue haleine (230 pages, je n'ai jamais fait mieux) était sortie en 1997 à un tirage faramineux de 1000 exemplaires. Une dizaine d'année plus tard, Les Folles Nuits de Jonathan était épuisé et j'envisageais vaguement de le rééditer. Mais à l'époque, l'impression coûtait encore bien cher. Depuis, les progrès de l'impression numérique ont rendu possible cette réédition. Je suis en train de travailler sur une nouvelle couverture et sur une postface expliquant entre autres certains éléments du contexte que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

lundi 18 septembre 2017

Vieillir gay en BD, est-ce forcément triste ?

Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment chez les auteurs de BD gays de plus de 50 ans, mais l'angoisse du vieillissement semble se manifester très fort. En juillet dernier, Ralf König a sorti outre-Rhin son nouveau roman graphique de Conrad et Paul, Herbst in der Hose, dans lequel Paul affronte la peur de vieillir comme lui seul sait le faire - c'est-à-dire en paniquant un maximum. Et voilà que Pochep, seul auteur gay publié régulièrement dans le mensuel Fluide Glacial, publie aux éditions du même nom Vieille Peau, où il est aussi question de la manière dont on peut continuer à plaire quand on vieillit.





Je dois dire, en toute franchise, que cette coïncidence me met profondément mal à l'aise. Dans le monde de la bande dessinée, les représentations des gays ne sont pas légion, même si de notables progrès ont été accomplis ces dernières années, mais celles des gays âgés sont carrément… euh… comment dire ça ? Quasi inexistantes. Oui, on va dire ça comme ça. parce que le seul exemple qui me vient en tête, c'est Au Coin d'une ride, le bel album de Thibaut Lambert aux éditions Des Ronds dans l'O.


Et voilà que pour une fois que l'on parle en BD de gays mûrs, voire âgés, l'image qui en est donnée est incroyablement négative. Alors, les auteurs ont parfaitement le droit d'aborder les thèmes qui leur tiennent à cœur et aborder celui-là ne serait pas un problème s'il y avait en contrepartie des représentations positives. Mais comme je viens de l'écrire, il n'y en a presque pas. Pourtant, la BD franco-belge est capable de montrer des vieux bien dans leur peau et pleins d'énergie (y compris pour la gaudriole). En témoignent Les Petits Ruisseaux de Pascal Rabaté et Les Vieux Fourneaux de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, des histoires qui ont dépassé le cadre des albums puisque la première série a été adaptée au cinéma et que la seconde le sera aussi bientôt.
Eh quoi, pour qu'un personnage de BD de plus de 50 ans soit montré comme bien dans sa peau, il faut qu'il soit hétérosexuel ? Bien sûr, on pourra me dire : "Tu n'as qu'à en faire, toi, le genre de BD que tu voudrais voir." Et c'est bien ce que je fais en ce moment, pour le prochain numéro de La Revue LGBT BD : une BD racontant la rencontre de deux hommes d'âge mûr. Mais en même temps, j'ai bien conscience du peu d'impact que cette BD aura en regard de l'impact profondément négatif qu'auront celles de König et Pochep, autrement plus diffusées et lues. 
D'où, sans doute, le malaise dont je parlais plus haut.

mardi 30 mai 2017

Un week-end chaleureux


Je devrais dire "étouffant", d'ailleurs. Mais en fait, on était quand même mieux à La Capela (22 rue Philippe de Girard, 75010) dans le cadre du festival de BD indépendante "Léonie & Friends" que dehors, par un sacré cagnard.
Je tenais, bien sûr, le stand LGBT BD où je vendais La Revue LGBT BD et quelques-unes de mes productions personnelles comme Bulles Gaies et même Improbablement.






samedi 28 février 2015

Le musée privé de monsieur Ogizaki


Graham Kolbeins est un Américain qui, depuis quelques années, a entrepris de faire découvrir l'art gay japonais, et en particulier la bande dessinée. Cela l'a amené, entre autres, à réaliser avec sa complice Anne Ishii le premier livre en anglais consacré au maître nippon Gengoroh Tagame, The Passion of Gengoroh Tagame, puis l'anthologie Massive, consacrée aux auteurs japonais de gei manga, ainsi qu'un site tumblr sur le même thème. Dans ce court documentaire, il raconte sa visite en compagnie d'Anne Ishii et de Gengoroh Tagame à un collectionneur, Masahiro Ogizaki, qui a fait de son appartement un véritable petit musée consacré à l'art érotique gay nippon.

samedi 21 février 2015

Encore un nouveau blog : File Under Q for Queer

Décidément, je suis incorrigible : je ne peux pas m'empêcher de créer des blogs. Le nouveau s'appelle File Under Q for Queer, et j'y parle (en anglais) de personnages et de séries BD LGBT.



mercredi 18 février 2015

Où est Guibu ?

L'internet nous met en contact mais l'internet nous sépare aussi. Je suis, depuis pas mal de temps, le blog BD d'un Argentin qui écrit et dessine sous le pseudonyme de Guibu. Il réalise, sous forme de strips, une bande dessinée à suivre intitulée El Osculo Hirsuto, merveilleux mélange de soap opera, de pornographie et de poésie mettant en scène des protagonistes poilus et d'âge mûr (ce que l'on appelle en patois gay des bears, c'est-à-dire en bon français des ours). La première série de 212 strips est parue de 2008 à 2011. La deuxième série, commencée en 2011, en est actuellement au quatre-vingt-dixième strip. Le problème, c'est que ce strip est paru le 13 mars 2014. La bande avait connu des hiatus par le passé, mais jamais aussi longs. Et Guibu, son auteur, est aux abonnés absents sur tous les réseaux sociaux, Facebook inclus. Alors évidemment, moi, je m'inquiète. Que lui arrive-t-il ? A-t-il eu des soucis professionnels ? Des problèmes de santé ? Quand quelqu'un qui habite près de chez vous ne donne plus signe de vie, on peut toujours aller sonner à sa porte. Mais quand il habite en Argentine ?


mardi 27 janvier 2015

Bulles Gaies 11 est paru !

Oui, d'accord, je comprends : si vous n'étiez pas là dans les années 1990, vous ne savez peut-être pas de quoi je parle. J'avais, à cette époque, réalisé deux séries d'un fanzine intitulé Bulles Gaies : la première (1989-91, 5 numéros) était une revue de BD format A4 avec des auteurs français et américains ainsi que des articles sur la BD gaie et lesbienne (on ne disait pas encore LGBT) ; la seconde (1994-97, 10 numéros) était un format A5 avec seulement mes BD gays, dont le roman graphique Les Folles Nuits de Jonathan et diverses histoires courtes. Alors qu'est-ce qui me prend de relancer Bulles Gaies plus de dix-sept ans après son arrêt ? Il se trouve que je suis en train de lancer un nouveau collectif, La Revue LGBT BD, qui est un peu la version moderne du premier Bulles Gaies. Alors, pourquoi ne pas relancer aussi la deuxième série ? Surtout que de nos jours, les photocopieuses laser font un travail incroyable : on apporte à la boutique de photocopie un pdf de sa brochure et une heure après, on en repart avec ses exemplaires assemblés, pliés et agrafés. C'est magique !
Comme j'avais sous la main des pages d'un roman graphique qui ne se matérialisera pas sous la forme prévue (s'il se matérialise un jour), j'en ai extrait un chapitre qui pouvait se lire de manière autonome, j'y ai rajouté un petit coda de quatre pages, j'ai dessiné une couverture, écrit un éditorial, tout traduit en anglais (toutes mes publications sont dorénavant bilingues) et hop ! Voilà le résultat :





Il est pas beau, mon bébé ? Papa en est d'autant plus fier que la gestation a été longue ! Espérons qu'on n'attendra pas dix-sept ans le numéro 12…

Disponible dès jeudi 29 janvier 2015 au stand LGBT BD (Espace Nouveau Monde / BD alternative, F37) au 42e Festival International de la BD d'Angoulême. Et ensuite… On vous tiendra au courant !

samedi 24 mai 2014

Un samedi à réserver (si vous êtes à Paris)

Hier, je suis allé porter des sous-verre et quelques cadres au Centre LGBT de Paris Île de France. Une association culturelle (l'association Parisci, pour ne pas la nommer) y organise samedi prochain un Salon de l'illustration et de la BD LGBT. J'y participe en prêtant un peu de matériel, mais surtout en exposant mes planches (coïncidence : j'expose les originaux de ma toute première note de blog), en faisant partie des auteurs présents et en donnant à 13h30 une conférence sur l'Histoire de la BD LGBT (et comme le répétait un de mes professeurs, "l'Histoire, c'est pas des histoires"). Ah, et puis je participerai aussi au débat sur la BD LGBT animé par Manuel Picaud. Autant dire que la journée sera longue !


mercredi 19 février 2014

Qui a peur de la BD gay ?

La toute récente sortie du deuxième album de Jérômeuh, Un Garçon au poil, m'a replongé dans diverses réflexions que je me fais depuis des années - que dis-je, des décennies - au sujet de la presse gay française et de sa relation à la bande dessinée.

Un garçon au poil reprend en album un certain nombre de planches parues sur le Viril blog de Jérômeuh et dans le mensuel Têtu. Mais si vous feuilletez Têtu, ne cherchez pas d'autres planches de la série animée par Jérômeuh : elle n'y paraît plus depuis le changement de formule du mois de juin 2013. La BD n'a jamais occupé dans Têtu qu'une place très mineure, voire pas de place du tout, et cette élimination d'une pauvre planche de BD mensuelle dans un magazine qui compte quand même 148 pages est bien symptomatique de la place occupée par la bande dessinée au sein de la culture gay pour ceux qui s'en veulent les médiateurs : quasiment nulle.
Ce n'est d'ailleurs pas nouveau. La présence d'une série BD dans Têtu relevait déjà du miracle, puisqu'il n'y avait quasiment rien eu de ce genre jusque là dans le magazine (qui existe quand même depuis 1995). Et ce n'est pourtant pas faute, de la part d'auteurs de BD gays, d'avoir essayé de s'y faire une place. Hugues Barthe, par exemple, auteur de Dans la peau d'un jeune homo et Bienvenue dans le Marais, avait déjà essayé en vain de placer des BD dans Têtu. 
Et la situation pour le moins précaire de la BD dans les médias gays ne date pas d'hier. La revue Gai Pied (parue de 1979 à 1992) avait déjà une relation à éclipses avec la BD, mais au moins, elle en publiait. Citons pour mémoire les BD de Copi, la série Poppers de l'américain Jerry Mills, les bandes de Ralf König et celles de Cunéo, entre autres. Mais Cunéo, qui fut le dernier dessinateur de BD "régulier" de Gai Pied, m'avait confié qu'il lui avait souvent été difficile de placer ses planches dans l'hebdomadaire. Par une ironie de l'histoire, le seul moment de la vie du Gai Pied où une BD de Cunéo était présente chaque semaine sans faillir était durant les derniers mois de publication, quand il tenait en BD une chronique de la mort annoncée de la revue.
Une couverture de Gai Pied
illustrée par le dessinateur
de BD espagnol Nazario.
C'était en 1986.
Tout cela est assez choquant lorsque l'on compare la situation de la BD dans la presse gay d'autres pays. En Grande-Bretagne, un dessinateur comme David Shenton a pu fêter il y a quelques années, trois décennies de présence ininterrompue dans les médias gays locaux. Aux Etats-Unis, c'est la presse gay qui a permis la publication de bandes comme Wendel d'Howard Cruse, Leonard and Larry de Tim Barela et Dykes To Watch Out For d'Alison Bechdel. La série Konrad une Paul de Ralf König a d'abord été conçue comme une bande régulière dans le mensuel allemand Magnus.
La relation entre la presse gay et la bande dessinée relève pourtant d'un intérêt mutuel : le magazine profite de l'effet de fidélisation du lectorat de la BD, qui montre souvent la vie quotidienne des gays d'une manière humoristique (ce qui n'exclut pas les sujets graves) ; en contrepartie, la BD profite de la large audience que lui apporte le magazine (dont ne profite pas une bande publiée directement en album).
Pourquoi la presse gay française n'a-t-elle jamais voulu profiter de cette relation dont tout le monde sort gagnant ? Est-ce parce que, pour ceux qui l'éditent, publier de la BD n'est pas aussi culturellement valorisant que parler de littérature (générale, forcément générale) et d'Art avec un grand A ? La presse gay française serait-elle incurablement élitiste ?

mercredi 22 août 2012

Un article sur le bara

Quand je vois mon jeune camarade Alex Nikolavitch qui blogue quasiment tous les jours, voire deux fois par jour, sur son blog d'enfer la War Zone, je me dis que je suis vraiment une grosse feignasse. Mais bon, que voulez-vous, on ne se refait pas ! À ma décharge, je dirais que je bossais, mais comme Alex aussi, l'excuse n'est peut-être pas si bonne que ça, finalement.
Mais au fait, je bossais sur quoi ? Oh, plein de choses, depuis le dernier post (qui remonte quand même au mois de mai). Pour n'en citer que quelques-unes : la traduction de Harvey Pekar's Cleveland, un roman/mémoire graphique qu'Harvey Pekar avait voulu consacrer à sa ville natale de Cleveland, et qu'il ne verra jamais achevé pour cause de mort inopinée (à paraître chez çà et là) ; la traduction de diverses BD Disney dont un épisode de PKNA/Paperinik New Adventures, une série bien chtarbée publiée en Italie à la fin des années 1990/début des années 2000, et dont nous n'avons vu en France que la troisième mouture, alors que la version d'origine arrachait bien sa planète, comme diraient mes copains qui parlent djeunz (à paraître dans Super Picsou Géant 172, mais je vous recommande tous les numéros avec cette série, qui je crois y paraît depuis le 170) ; la traduction (encore) du tome 3 de Charley's War, rebaptisé en français La Grande Guerre de Charlie, bande anglaise cultissime (ou qui devrait l'être) sur la Première Guerre mondiale, avec une mentalité anti-guerrière assez réjouissante (à paraître chez Délirium). Et puis, tout récemment, un article sur la BD porno gay japonaise pour la revue Manga 10000 images.
Ça, ça me tient particulièrement à cœur. Je m'explique. Manga 10 000 images est une initiative formidable, une revue thématique érudite sur la bande dessinée japonaise, le genre de truc que j'aurais dévoré s'il avait existé dans les années 1980-1990. J'ai eu le bonheur de participer au numéro 2, consacré à Osamu Tezuka, ce qui m'a permis de (et poussé à) finaliser un projet d'article que j'avais depuis des années sur la refonte effectuée par Tezuka de Shintakarajima, son premier "story manga", pour la collection de ses œuvres intégrales par Kôdansha. Et il était question depuis quelques années, que je réalise un article sur le bara, c'est-à-dire la bande dessinée pornographique/érotique gay japonaise destinée à un lectorat gay (donc distincte du yaoi ou boys love, destiné à un lectorat féminin hétérosexuel). L'article était initialement prévu pour un numéro consacré à la BD underground nippone, puis il s'est intégré dans un projet de refonte complète du numéro 1, dont le thème était le yaoi et l'homosexualité dans les mangas.
Tous ceux qui me connaissent que l'homosexualité dans la BD est un thème que j'affectionne. Cet article sur le bara a donc été pour moi l'occasion de faire le point de mes propres connaissances sur un sujet, il faut bien l'avouer, assez pointu. Première constatation : on ne trouve que très peu de documentation sur le sujet, que ce soit sur papier ou en ligne. J'ai donc eu l'impression de ne pas perdre mon temps et d'accomplir un réel travail de défrichage. Deuxième constatation : le bara est essentiellement connu en occident à travers un auteur, Gengoroh Tagame, dont seule une partie de l'œuvre est disponible dans des langues occidentales (cinq volumes en français - devenus six par travail éditorial - trois volumes en espagnol, deux en italien… et bientôt une anthologie en anglais). Cela ne représente même pas la moitié des BD qu'il a réalisées, et n'avance évidemment pas la connaissance des nombreux autres auteurs de bara.
À partir de ces constatations, il m'a bien fallu tirer la conclusion qui s'imposait : une grande partie des informations et jugements de valeur qui se retrouveraient dans mon article devraient venir de l'exploitation des données disponibles dans la petite collection de bara achetés au fil des ans à des boutiques japonaises en ligne (merci internet). C'est dans ces moments-là que j'ai le sentiment de ne pas avoir totalement perdu mon temps en consacrant quelques années à l'étude de la langue nippone. 

vendredi 19 août 2011

Où je baratine à propos du bara


En ce moment, j'écris un article sur le bara. Ou plutôt, en ce moment, je devrais être en train d'écrire un article sur le bara, qui est commencé mais que je ne finirai qu'après quelques traductions urgentes. Pour ceux qui l'ignorent (la majorité de la population mondiale, j'imagine) le bara est un genre de BD japonaise destiné au lectorat homosexuel. Non, je ne parle pas du yaoi, qui est destiné aux lectrices hétérosexuelles. Le bara, ce sont des BD qui paraissent dans les revues gays japonaises (ou, depuis les années 2000, dans des livres-revues spécifiques au genre). Les personnages ont des physiques très masculins, et les histoires parlent de relations entre hommes, très souvent en mettant en avant la composante sexuelle, mais pas uniquement. L'article que je prépare doit paraître dans la nouvelle édition mise à jour et augmentée du premier numéro de Mangas 10000 images.
Le seul auteur de bara dont les œuvres sont largement disponibles en français est Gengoroh Tagame que, personnellement, j'adore, mais dont je comprends parfaitement que l'on puisse trouver son univers quelque peu excessif (bon, là, je mets un lien vers son bouquin le plus gentil). Or, ne voilà-t-il pas qu'un éditeur italien tout nouveau, renbooks, entreprend de traduire un auteur de bara nettement plus "tout public", Kotaro Takemoto. "Baciando il cielo" signifie "embrasser le ciel", et dans l'original nippon, il y a un jeu de mot, car l'un des jeunes gens de l'histoire qui donne son titre au recueil s'appelle Sora, ce qui signifie "ciel" en japonais. Bref, tout cela pour dire que ceux qui veulent découvrir cet auteur sans avoir à apprendre le japonais peuvent désormais le faire (bon, d'accord, il faut connaître l'italien, mais reconnaissez que c'est autrement plus facile pour un Français), et ce d'autant plus facilement qu'il est disponible sur Amazon Italie.
Au fait, "bara" signifie "rose" en japonais. Ah, romantisme, quand tu nous tiens…

dimanche 12 juin 2011

Le grand chambardement de l'univers DC (encore un)

Le moins que l'on puisse reconnaître aux Américains, c'est qu'ils ont le sens de la publicité. Alors que dans le domaine franco-belge, on peine à faire parler de BD autrement qu'au moment du festival d'Angoulême, les éditeurs de comics parviennent régulièrement à mobiliser les médias autour d'événements qui n'en sont que dans le microcosme des lecteurs de comic books, un univers qui ne cesse de se contracter. Le dernier buzz à la mode, c'est l'annonce par DC comics qu'ils allaient relancer en septembre tous les comics qu'ils publient au numéro 1 et faire coïncider ce "grand moment" avec l'inauguration d'un nouvel univers DC. Si l'on ajoute que le grand remaniement éditorial en question succède au crossover de l'été, Flashpoint, durant lequel tout l'univers fictionnel de DC est affecté par un changement lié au personnage de Flash, l'annonce fait furieusement penser à une version moderne du crossover en douze parties Crisis on Infinite Earths et du remaniement éditorial qui s'ensuivit en… 1986.
Grosso modo : on change les données de base et on relance tout à zéro, sans des années de continuité encombrante pour dicter aux scénaristes ce qu'ils peuvent faire ou ne pas faire. Du moins, en théorie. Parce que dans la pratique, l'un des résultats est un univers fictionnel de plus en plus complexe du fait de l'intégration de force dans le monde DC de panthéons super-héroïques entiers venus d'autres maisons d'édition et tombés dans le giron DC par le biais de rachats. Dans le monde de l'entreprise, l'absorption d'une société par une autre se passe rarement sans anicroche (on pourra lire un fort intéressant article à ce sujet dans le numéro du Tigre de juin 2011, "De la mondialisation appliquée à l'édition") mais dans le monde imaginaire des super-héros, c'est généralement une belle catastrophe. Non, même pas belle, en fait. Juste catastrophique.
Pour ceux qui ne connaissent rien aux arcanes de la BD américaine, une explication rapide : les comics de super-héros ont connu une première période de succès à la fin des années 1930 et au début des années 1940, suivie par une éclipse d'une dizaine d'années, avant de revenir en force à la fin des années 1950 et au début des années 1960. Les deux principaux éditeurs du genre, DC et Marvel, ont alors adopté des stratégies différentes : tandis que Marvel intégrait dans une même continuité toute son histoire, DC situait ses récits contemporains dans un monde faisant partie d'une infinité de mondes parallèles. Ce qui ne pouvait se loger dans l'univers de référence ("Terre-1") trouvait tout naturellement sa place dans un monde parallèle, qu'il s'agisse des héros DC des années 1940 (habitants d'un monde nommé "Terre-2" alors qu'il était chronologiquement apparu en premier, mais passons) ou des personnages rachetés à d'autres éditeurs, ce dont DC ne se privait pas dès les années 1950. Ainsi, les héros des firmes Quality et Fawcett se virent-ils placés sur Terre-X et Terre-S (pour Shazam, ce monde étant celui de Captain Marvel et sa "famille"). La stratégie de DC, inaugurée au début des années 1960, fut brusquement remisée au magasin des accessoires démodés au milieu des années 1980, quand il fut décidé que la seule politique valable en la matière était celle de Marvel et qu'il fallait désormais un univers DC unifié. Ce qui fut fait, après une maxi-série Crisis on Infinite Earths censée donner une "explication" dans la fiction à ce qui n'était rien d'autre qu'une décision éditoriale.
Inutile de dire que l'explication en question n'avait ni queue ni tête (un petit problème de robinets : combien de temps faut-il à une vague de néant pour détruire un univers en théorie infini, et combien de temps faut-il pour que l'opération se répète dans une infinité d'univers également infinis ? À mon avis, très longtemps, mais ce n'est pas celui de Marv Wolfman, le scénariste de Crisis, qui a de toute façon une notion du temps assez élastique puisqu'il situe la France de Louis XIII au Moyen-Âge). Et qu'elle posait plus de problèmes qu'elle ne prétendait en résoudre. Et surtout, à l'issue de Crisis, on se retrouva avec un univers DC salement encombré de super-héros, puisque désormais peuplé de ceux de Terre-1, Terre-2, Terre-X, Terre-S, et par-dessus le marché des personnages rachetés à la maison d'édition Charlton.
Depuis, les choses n'ont fait qu'empirer, DC continuant de racheter des maisons d'édition et leurs catalogues de personnages (ou plutôt de properties, comme on dit dans le jargon des comics). Je ne suis pas sûr du statut des personnages d'Archie Comics/Red Circle, qui ont fait l'objet de deux tentatives ratées pour les relancer, la dernière datant de quelques années à peine, mais par contre, on a pu voir récemment l'univers DC intégrer le "Dakotaverse" contenant les super-héros ethniques de la firme associée Milestone (inactive depuis les années 1990), et le "nouvel univers DC" qui démarre en septembre intégrera l'univers Wildstorm, du nom de la firme fondée par Jim Lee dans le cadre de la maison d'édition Image Comics, et qui était depuis son rachat par DC, considéré comme un univers parallèle.
Ah oui, j'oubliais de le mentionner : DC a réintroduit les univers parallèles depuis pas mal d'années, d'abord dans le cadre du concept assez flou d'"Hypertemps", puis de manière officielle suite à la série hebdomaire 52. Depuis, l'univers DC est un parmi cinquante-deux univers parallèles. Pourquoi cinquante-deux ? Je n'en ai aucune idée et cela ne m'empêche pas de dormir. En tout cas, il semble que l'univers Wildstorm ait jusque là fait partie de ces cinquante-deux mondes parallèles. Et que la principale raison de sa brusque fusion avec l'univers DC (enfin plutôt, avec le monde de référence de l'univers DC) soit la montée en grade de Jim Lee, désormais l'un des principaux responsables éditoriaux de la firme.
Alors une fois de plus, comme il y a vingt-cinq ans, une décision éditoriale entraîne une modification de l'univers fictionnel. Ce n'est d'ailleurs pas la seule. DC n'en finit pas, ces derniers temps, d'annoncer ce qui va changer, et mon camarade Alex Nikolavitch s'est exprimé sur son blog au sujet du sacrilège que représente pour lui la disparition du slip rouge de Superman. (Je trouve que mes amis hétérosexuels ont parfois d'étranges priorités.) Pour ma part, ce qui m'a interpellé au niveau du vécu, c'est le relaunch imminent de Stormwatch (sur scénario du toujours intéressant Paul Cornell) avec en arrière-plan le retour du couple gay le plus célèbre des comics, Appolo et le Midnighter. D'un côté, je trouve assommant cette énième intégration d'un univers fictionnel étranger dans celui de DC, qui commence à être tellement encombré de super-héros qu'on ne doit plus pouvoir aller y faire ses courses à l'épicerie du coin sans tomber sur un règlement de comptes entre représentants du bien et suppôts du mal. De l'autre, je comprends parfaitement cette nécessité de valoriser des personnages et des séries en les situant dans le "véritable" univers DC et non pas dans un monde parallèle à la périphérie (et donc non concerné par les crossovers qui viennent régulièrement relancer la machine des ventes).
Verra-t-on un team up entre Superman et Batman et Apollo et le Midnighter (qui sont les Superman et Batman de l'univers Wildstorm) ? Si c'est le cas, malgré tout ce que je viens de dire, j'achète.

C'est peut-être le but non avoué de DC, d'ailleurs : rameuter quelques lecteurs en augmentant la part visible des minorités. La nouvelle Justice League of America n'est rien d'autre que celle de 1960 où l'on remplace le vert Martian Manhunter par le noir Cyborg (ex-Teen Titan). Et le martien en question, que devient-il ? Il se retrouve dans Stormwatch, aux côtés , entre autres, du Midnighter. Je ne sais pas si l'on en veut à mon argent, mais cela ne me semble pas totalement exclu.

jeudi 26 mai 2011

Déjeuner avec le père de Finn et Charlie

Aujourd'hui, j'ai déjeuné avec Tony Breed, qui est américain et réalise depuis 2006 le strip hebdomadaire en ligne Finn and Charlie are HITCHED. Finn, c'est le petit costaud et poilu, Charlie c'est le grand mince. Et "hitched", c'est un mot d'argot pour "marié", mot que Tony préférait éviter. En tout cas, c'est une BD très attachante et drôle et je ne saurais trop vous conseiller de la lire.

mercredi 18 mai 2011

Vernissage de l'exposition Jérômeuh

Ce soir, vernissage de l'exposition de planches originales du jeune Jérômeuh à la galerie Napoléon. L'occasion aussi de fêter la sortie de son premier livre Les Petites histoires viriles. Et, pour ceux qui l'avaient déjà acheté, de se le faire dédicacer par l'auteur.